Le cirque de Karasawa en automne

April 18, 2020, par Thomas

Il est 5 heures du matin lorsque nous partons avec Jordy de Matsumoto en direction de Kamikochi. Notre but est de randonner jusqu’au cirque de Karasawa, et par cirque j’entends “enceinte naturelle à parois abruptes, de forme circulaire ou semi-circulaire“, d’y passer la nuit, et de rentrer le lendemain.

Matsumoto au réveil
Premières lueurs de l’aube sur Matsumoto.

Kamikochi est sans doute l’un des endroits les plus connus des Alpes Japonaises, niché au centre du parc national Chubu Sangaku qui possède parmi les plus hauts sommets du Japon.

Le cirque de Karasawa est réputé pour ses magnifiques couleurs d’automne durant la période du Koyo.

Nous arrivons au parking de Kamikochi vers 7 heures du matin, il faut savoir que l’ensemble du parc national est interdit aux voitures, nous devons donc nous garer à l’extérieur du parc puis prendre un bus qui fait la navette vers le spot emblématique de Kamikochi : Kappa-bashi 河童橋, le pont aux Kappa, des esprits de l’eau ( souvent maléfiques ) du folklore Japonais.

Kappa-bashi
Le pont Kappa-bashi sur la rivière Azusa, une vue iconique des Alpes Japonaises.

Il y a de nombreux magasins de souvenirs et quelques hôtels autour de ce pont, heureusement il est encore tôt et nous sommes en avance sur les hordes de touristes qui vont bientôt envahir le lieu.

Beaucoup de personnes viennent jusqu’ici simplement pour voir le pont, puis marcher un peu le long de la rivière avant de reprendre le bus pour Matsumoto. Pour d’autres, comme nous aujourd’hui, cet endroit est le point de départ vers de superbes randonnées.

Notre programme : 16 kilomètres entre Kamikochi et Karasawa (avec « seulement » 800m de dénivelé positif).

Nous traversons donc ce fameux Kappa-bashi, et commençons notre marche.

Les trois premiers kilomètres sont vraiment très beaux, nous longeons la rivière Azusa, le chemin est donc très plat .

Tout cela commence sous les meilleurs auspices, bien que le ciel soit bouché, les nuages qui s’accrochent aux montagnes qui nous entourent confèrent une ambiance mystique au lieu.

Nous arrivons assez vite au sanctuaire Hotaka et à son étang Myojin.

Un superbe endroit, les premières couleurs de l’automne y sont visibles, mais nous espérons que 800 mètres plus haut en altitude le koyo sera un petit peu plus avancée!

Après avoir traversé le pont Myojin, nous continuons de longer la rivière Azusa sur quelques kilomètres jusqu’au refuge de Yokoo. Cette section d’environ quatres kilomètres est un peu moins intéressante que la première partie de notre randonnée.

Arrivés au refuge de Yokoo deux heures plus tard, nous décidons de faire notre première vraie halte pour prendre le déjeuner, le temps se dégage et le soleil se joint même à la fête!

Vallée de Kamikochi
Pause déjeuner au refuge de Yokoo.

À partir d’ici, le sentier se divise en deux, l’un va vers Yarigatake ( une montage connue des Alpes Japonaises ) et Chogatake, l’autre vers Karasawa.

Nous nous engageons donc sur ce deuxième sentier qui serpente dans la montagne et devient de plus en plus abrupte.

C’est un très joli sentier!

Sur le papier, 800 mètre de dénivelés pour 16 kilomètres cela nous semblait plutôt facile, en vérité, la randonnée est plutôt composée de la façon suivante: 10 kilomètres de plat qui longe la rivière Azusa jusqu’au refuge de Yokoo, puis 6 kilomètres de montée raide jusqu’au cirque de Karasawa.

De quoi bien nous fatiguer!

Nous arrivons à notre destination en début d’après midi et fêtons cela comme il se doit avec une bonne bière et un Oden ( sorte de pot-au-feu Japonais ) servis au refuge.

Cirque de Karasawa
Après l’effort …

L’endroit est vraiment magnifique, nous sommes cernés par des sommets impressionnants: Hotaka-dake (3190m), Kita-hodaka-dake (3106m), Karasawa-dake (2633m) et Mae-hodaka-dake (3,090m).

Nous sommes d’ailleurs à 2300 mètres, de quoi faire bien descendre la température et nous inciter à sortir bonnets et gants.

À partir de 15 heures, nous pouvons récupérer notre tente de location que nous avons réservée auprès du refuge par téléphone quelques semaines auparavant.

Nous sommes ravis de constater que notre choix était le bon: le moment est idéal pour admirer ce sublime paysage d’automne.

Cirque de Karasawa
L’automne.

Nous passons le reste de la soirée à prendre des photos, le soleil se couche très vite en cette saison, et encore plus pour nous qui sommes enclavés entre ces imposants sommets.

Après un repas chaud au refuge, nous nous installons pour la nuit dans notre tente…

Malheureusement un typhon se dirige droit sur notre campement et nous passons la nuit sous des trombes d’eau à nous demander si l’on ne va pas s’envoler avec notre tente!

Une nuit encore une fois mémorable, mais qui fût sur le coup vraiment longue et pénible!

Le lendemain au réveil, la pluie s’est un peu calmée, le vent aussi. Nous avions prévu de redescendre par un sentier plus pentu mais nous devons renoncer car la pluie tombée pendant la nuit a rendu cette descente dangereuse.

Nous redescendrons donc par le même chemin emprunté la veille mais cette fois sous la pluie!

Le soleil parvient par moment à faire quelques trouées dans les nuages, ce qui nous donne droit à de jolies lumières.

Le soleil parvient par moment à faire quelques trouées dans les nuages, faisant place à de magnifiques percées de lumières dans le paysage.

La dernière section entre le refuge de Yokoo et Kappa-bashi s’avérera être une des plus pénibles car il pleut à verse de nouveau et ce sentier plat longeant la rivière semble ne jamais s’arrêter.

Vallée de Kamikochi
Retour au point de départ, sous la pluie!

C’est quelque peu exténués que nous arrivons finalement à Kappa-bashi où nous prenons le bus pour retourner à notre voiture.

Cette randonnée est vraiment superbe! ( Mis-à-part ces 4/5 kilomètres un peu monotones entre Hotaka-jinja et le refuge de Yokoo ). De par sa localisation en plein cœur d’un parc national, on ne croise aucune route, tout y est très sauvage!

Autant je n’envisage pas de ré-entreprendre l’ascension du Mont Fuji (voir mon article précédent), autant cette randonnée m’a enchanté et j’aimerais beaucoup renouveler cette expérience pourquoi pas au printemps!