L’ascension du Mont-Fuji

April 7, 2020, par Thomas

Je voulais tout d’abord consacrer ce blog à des endroits méconnus du Japon, je crois bien que cet article est un peu en opposition avec cette ligne éditoriale, tant pis!

En Août 2018 , alors que je vivais dans une share-house à Tokyo (une maison partagée), mes colocataires m’ont invité à gravir le mont-Fuji.

J’avais eu plusieurs retours pour le moins mitigés sur cette ascension, mais après tout, j’ai préféré me faire ma propre opinion sur le sujet.

Nous partons donc à l’aube de Tokyo, il faut savoir qu’il y a plusieurs chemin et plusieurs façons de réaliser l’ascension.

  • Commencer le soir, pour gravir le Fuji de nuit afin d’arriver au sommet au moment du lever du soleil.
  • Commencer en début d’après-midi, dormir dans un des refuges en altitude, et se réveiller au sommet pour admirer le lever du soleil avant d’entamer la descente.
  • Commencer au matin, arriver au sommet avant la nuit, et enchainer de suite sur la descente.

Nous avons opté pour la deuxième option, en passant par le trail Fujinomiya, pas le plus emprunté, mais pas le moins emprunté non plus!

Nous commençons l’ascension à 10 heures du matin. Sur les premières centaines de mètres il y a un peu de monde, je commence à craindre les fameux embouteillages du Mont-Fuji dont j’ai souvent entendu parler.

Le début du sentier est très facile, ce n’est pas trop raide, tout le monde est encore frais, on rigole…

Ce fut l’une de mes premières randonnées au Japon, et déjà je remarque que beaucoup de Japonais sont très bien équipés. Mont-Bell, une marque d’équipement outdoor Japonaise, est très bien représentée.

De plus, à ma grande surprise, la majorité des grimpeurs sont Japonais, on croisera bien quelques Européens ( Français, Espagnols ) mais finalement beaucoup moins d'”étrangers” que ce à quoi je m’attendais.

Un peu de monde au début du sentier
Un peu de monde au départ.

Très vite, les choses sérieuses commencent, le chemin devient de plus en plus raide, l’espacement entre les grimpeurs aussi, on peut enfin avancer à notre rythme.

Nous bénéficions d’une météo incroyable: pas un nuage à l’horizon, il faut dire qu’un typhon est passé quelques jours auparavant entraînant tous les nuages avec lui et nous laissant profiter de ce magnifique ciel bleu.

Le départ étant situé a 2400m d’altitude, la température est idéale en ce mois d’aout, et le vent nous rafraîchit. De quoi oublier le soleil qui tape, et de quoi me donner de bons coups de soleil!

Ascension du mont Fuji
Le paysage. Rocailleux.

Le chemin est relativement facile, bien que rocailleux. Je dois dire que ce n’est pas une “jolie” randonnée. Pas de cascade, pas de jolie forêt, seulement des cailloux et un paysage proprement lunaire. Bien sur la vue en contrebas est très belle, bien que relativement bouchée par une mer de nuages.

Mais ca ne fait rien, pour beaucoup de grimpeurs, le véritable intérêt de l’ascension de cette montagne sacrée réside autant dans l’aspect sportif que symbolique.

Tout au long de l’ascension nous passons par plusieurs stations ( refuges ), espacées entre elles par environs une heure de marche. On peut s’y asseoir, reprendre son souffle, aller aux toilettes ( payantes ), se réapprovisionner en nourriture ou boisson ( bien sur à des prix exorbitants ) et surtout attendre les copains du groupe qui avancent un peu moins vite.

Ascension du mont Fuji
La route est encore longue, on aperçoit pas encore le sommet.

Nous décidons d’ailleurs d’avancer chacun à notre rythme et de nous retrouver au sommet. Je me retrouve assez vite seul en première ligne. Les stations s’enchaînent sans trop de difficultés, mais venu le moment d’attaquer le dernier segment la fatigue se fait soudain ressentir.
Chaque pas devient de plus en plus difficile…Il faut dire que nous sommes alors à 3700m d’altitude.

J’aurais sans doute dû prendre plus de temps dans les différents refuges afin de m’acclimater à l’altitude!

Ascension du mont Fuji
Des cailloux et des nuages.

Je progresse plus lentement, il y a beaucoup moins de grimpeurs mais…le sommet est en vue! De quoi se motiver pour ces derniers mètres difficiles.

J’arrive enfin au sommet (3776m) un peu avant 4 heures. L’ascension m’aura donc pris 6 heures. Ce n’est pas un exploit mais je suis content d’en avoir fini avec la montée!

En attendant le reste du groupe, je profite de la vue. Très vite le froid s’installe et pour me réchauffer je décide de me balader au sommet et de prendre quelques photos. Mes amis me rejoignent les uns après les autres.

Le refuge nous ouvre ses portes vers 6 heures. La nuit tombe.
A peine le temps de déposer nos affaires, il est l’heure de manger! Ce n’est pas de la grande cuisine mais ce repas chaud (un curry) est un vrai réconfort.

Nous allons ensuite tous nous coucher, les uns contre les autres, à presque 60 dans la même pièce! La promiscuité et l’altitude m’empêchent de fermer l’oeil…cette nuit passée au sommet du Mont Fuji est loin d’être le meilleur moment de ce périple.

Heureusement elle est de courte durée car dès 3 heures du matin, tout le monde se lève pour prendre le petit déjeuner avant de sortir pour affronter le froid en attendant le lever du soleil.

Lever de soleil au sommet du mont Fuji
Tout le monde est en position, et en attente que le soleil pointe son nez à l’horizon.

Après une attente qui m’a paru interminable à cause du froid mordant, le soleil se lève enfin et éclaire devant nous un superbe panorama.

Nous pouvons clairement voir toute la côte de Shonan, la péninsule d’izu et même ce qui semble être Yokohama au loin!

Une vue vraiment splendide et nous réalisons la chance que nous avons, en effet il n’est pas rare que la vue soit complètement bouchée par les nuages.

Un guide nous demande à tous de crier 3 fois « Banzai » tous ensemble pour saluer le soleil! Ceci fait, nous entamons la descente.

Lever de soleil au sommet du mont Fuji
Le soleil, le fuji et la cote de Shonan.

La descente est plus facile que la montée, d’autant qu’à chaque pas la température remonte un petit peu, ce qui nous pousse à descendre le plus vite possible!

Je remarque d’ailleurs qu’il est moins fatigant pour les genoux de trottiner légèrement en agrippant fermement les cordes qui délimitent le chemin.

Après une descente d’environ 3 heures, nous retrouvons le monde réel, impatients de nous plonger dans un onsen en repensant au froid glacial du matin!

Le Fuji San est une montagne splendide et majestueuse…vue de loin.
Pour ma part je trouve la randonnée sur ses pentes lunaires un peu répétitive et il me semble que le Japon offre une multitude de randonnées bien plus belles et moins fréquentées.

Ce fut toutefois une expérience unique de gravir ce symbole national du Japon et un moment inoubliable d’attendre avec tous les autres grimpeurs le lever du soleil au sommet de la plus haute montagne du Japon.

Lever de soleil au sommet du mont Fuji
Ma super équipe!